Experts-comptables
Le logiciel structure la donnée. Il ne va pas la chercher.
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Un cabinet d’expertise comptable est très bien équipé pour traiter une pièce une fois qu’il l’a. Le problème n’a jamais été là. Le problème, c’est d’obtenir la pièce.
Cet article décrit un cas d’usage. Nous n’avons pas livré de mission en cabinet d’expertise comptable : ce qui suit est ce que nous observons du métier et de ses outils.
Ce que le logiciel ne fait pas
Le logiciel de production traite très bien une pièce justificative comptable, une fois qu’elle est là. Il ne va pas la chercher chez le client. La collecte des pièces et les relances restent à la main. C’est là que l’intelligence artificielle, comptabilité comprise, aurait sa place : dans la coordination, pas dans le jugement.
Un outillage solide, sur la mauvaise moitié du problème
Les logiciels de production, Pennylane, Cegid, Sage ou ACD selon les cabinets, sont bons à ce pour quoi ils sont faits. Ils structurent, contrôlent, produisent et archivent. Un cabinet bien équipé traite un flux de pièces bien plus vite qu’il y a quinze ans.
Mais tous supposent que la pièce est déjà là.
Or elle n’est pas là. Elle est chez le client, dans une boîte mail, sur un portail fournisseur, dans un tiroir. Et le travail qui consiste à l’en sortir n’est outillé nulle part.
La relance, ce métier que personne n’a choisi
Demandez à un collaborateur ce qui lui prend le plus de temps sur un dossier. La réponse est rarement la révision. C’est la relance.
- Savoir, client par client, ce qui manque à un instant donné.
- Le demander sans agacer, dans un canal que le client lit vraiment.
- Recommencer, parce que la première demande n’a pas abouti.
- Recommencer encore, à l’approche d’une échéance.
Ce travail a trois défauts. Il est répétitif, il prend du temps, et il coûte socialement. C’est le collaborateur qui porte l’insistance, et c’est la relation client qui en paie le prix.
Or ces collaborateurs manquent. D’après une enquête du Conseil national de l’Ordre, relayée par l’Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France, près de 4 000 postes sont à pourvoir chaque année. Chaque heure passée à relancer est une heure retirée à une équipe déjà courte.
Un cabinet ne perd pas ses marges sur la production. Il les perd sur ce qu’il fait avant de pouvoir produire.
Ce qu’un agent pourrait reprendre
Trois choses, toutes de la coordination, aucune de la doctrine.
- Collecter les pièces chez les clients et relancer celles qui manquent, dans le canal où le client répond.
- Préparer le dossier de révision à partir de ce qui est arrivé.
- Suivre les échéances déclaratives, client par client, sans que quelqu’un tienne la liste de tête.
Ce qui ne bouge pas : l’analyse, l’arbitrage, la signature, le conseil, et tout ce qui relève du jugement professionnel. Un agent qui produirait une position comptable ou fiscale ferait exactement ce qu’il ne doit pas faire.
L’institution tient d’ailleurs la même ligne de prudence sur le sujet.
« L’intelligence artificielle évolue très vite et nous y sommes attentifs. » — Damien Charrier, président du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables, dans Compta Online
Le périmètre complet est décrit sur la page agent IA pour les experts-comptables.
L’objection qui vient toujours en premier
« Nos clients ne répondront pas mieux à un agent qu’à nous. »
C’est sans doute vrai pour un client donné et un message donné. Ce n’est pas la bonne échelle. Ce qui changerait n’est pas la persuasion, c’est la constance. Une relance partirait au bon moment, à chaque fois, pour chaque dossier, y compris la quatrième fois. Y compris en période de charge, quand une équipe humaine arrête de relancer parce qu’elle a autre chose à faire.
Le gain ne serait pas d’être plus convaincant. Il serait de ne jamais laisser tomber un dossier parce que la semaine a été mauvaise.
Pourquoi nous le disons au conditionnel
Parce que nous n’avons rien livré à un cabinet d’expertise comptable, et que le dire autrement serait faux.
Ce que nous savons faire est établi ailleurs. Un agent est construit sur mesure et installé chez le client. Les dossiers restent sur ses machines, et seul le texte nécessaire à une tâche est envoyé au modèle IA. Il travaille dans le logiciel métier existant, sans franchir la ligne de la responsabilité professionnelle.
Ce que cela donnerait sur une campagne de collecte reste à construire. Cela commencerait par regarder une semaine réelle, en pleine période déclarative. Le coût, lui, est public : les tarifs d’un agent sur mesure.
Les missions effectivement livrées et les cas d’usage sont distingués explicitement dans nos cas concrets et ressources par métier.
Vous vous reconnaissez dans ce qui précède ?
Si vous exercez une profession réglementée et que vous passez vos journées dans un logiciel qui ne s’automatise pas, le mieux reste d’en parler.
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