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Experts-comptables

La réforme a démarré. Reste à la faire, client par client.

5 min de lecture

La date de septembre est passée, et personne n’a cessé de facturer. Pour un cabinet d’expertise comptable, le plus long commence : savoir où en est chaque client, alors que chacun a pu décider ailleurs.

Cet article décrit un cas d’usage. Nous n’avons pas livré de mission en cabinet d’expertise comptable : ce qui suit est ce que nous observons du métier, et ce que disent les textes publics.

Ce que le cabinet doit préparer

Pour la facturation électronique 2026, le cabinet doit savoir, client par client, où chacun en est : plateforme de réception désignée ou non, flux de facturation recensés, échéance d’émission de 2027, traces des démarches engagées. La réforme se joue moins dans le logiciel que dans ce suivi d’un portefeuille entier, jusqu’à la dernière PME.

Septembre n’était que la première marche

Le calendrier tient en deux dates. Selon Service-public.fr, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026. L’obligation d’émettre vise d’abord les grandes entreprises et les ETI. Les PME et les micro-entreprises suivent le 1er septembre 2027.

Or la clientèle d’un cabinet est le plus souvent faite de ces petites structures. Pour elles, la partie visible de la réforme est encore devant.

La profession le sait. Au congrès de l’Ordre, en septembre, le ministre David Amiel a annoncé que 70 % des entreprises déclarantes à la TVA avaient désigné leur solution de réception, d’après La Gazette France. Le même compte rendu rapporte qu’une enquête de l’Ordre voit la quasi-totalité des cabinets déjà en action auprès de leurs clients, et que les intervenants situent les étapes les plus complexes à l’échéance de 2027.

Un cabinet n’a donc pas à se demander si la réforme avance. Il a à se demander quels clients font partie de ceux qui n’ont encore rien désigné.

Une tolérance qui demande des traces

L’administration a choisi la souplesse pour le démarrage, sans rien céder sur le fond. Son guide pratique écarte les sanctions pour les entreprises engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité, et les distingue de celles qui relèvent de l’inertie ou de l’évitement. Il précise aussitôt la limite :

« Cette approche ne constitue ni un report ni une suspension de l’obligation. » — Facturation électronique : guide pratique de démarrage, impots.gouv.fr

Cette souplesse a un prix : il faut pouvoir montrer ce qui a été fait. Le guide cite le choix de la plateforme, le calendrier de déploiement, les incidents rencontrés, les échanges avec l’éditeur, la banque ou l’expert-comptable. Autrement dit, le client devra produire un dossier, et une partie de ce dossier se trouve dans la messagerie du cabinet.

Une facture reçue par mail, en PDF ou sur papier ne doit pas être écartée pour cette seule raison, et une même facture peut arriver par plusieurs canaux. Il faudra alors rapprocher les exemplaires pour éviter le double paiement, la double comptabilisation ou la double déduction de TVA. Ce travail est réel, et il ne se voit nulle part.

Le tableau que personne ne tient

Le cabinet n’a pas face à lui une réforme, mais autant de situations que de clients. Le guide le montre : une entreprise peut désigner sa plateforme par son logiciel de gestion, son logiciel de comptabilité, son expert-comptable, sa banque ou un autre prestataire.

Les logiciels de production, Pennylane, Cegid, Sage ou ACD selon les cabinets, font leur part pour les dossiers qui passent par eux. Aucun ne voit ce que le client a décidé ailleurs. Il reste donc des questions simples, auxquelles aucun de ces outils ne répond seul :

  • Qui a désigné sa plateforme, laquelle, et qui n’a jamais répondu ?
  • Quels clients doivent émettre en 2027, et lesquels ont commencé à s’y préparer ?
  • Quels fournisseurs envoient encore la même facture par deux canaux ?
  • Pour qui les traces des démarches sont-elles réunies, et pour qui sont-elles éparpillées ?

Cette liste se tient aujourd’hui dans un tableur, quand elle se tient. Elle vieillit dès la semaine suivante, et la période fiscale ne lui laisse guère de place. Ce n’est pas sans rappeler la collecte des pièces, avec une différence : ici, l’échéance est la même pour toutes les PME du portefeuille.

Ce qu’un agent pourrait reprendre

Rien qui relève du conseil. Seulement la tenue de cet état.

  • Tenir à jour, pour chaque client, ce qui est fait et ce qui manque, à partir de ce qui entre déjà au cabinet.
  • Préparer les demandes et les relances, pour qu’un collaborateur n’ait qu’à les relire et décider.
  • Signaler une facture reçue en double, plutôt que de trancher.
  • Réunir les échanges utiles à la trace d’un client, si on les lui demande un jour.

Ce qui ne bougerait pas : le choix d’une plateforme, l’analyse de la TVA, les comptes, la signature et le conseil. Le périmètre est décrit sur la page agent IA pour les experts-comptables.

Pourquoi nous le disons au conditionnel

Parce que nous n’avons rien livré à un cabinet d’expertise comptable, et que le dire autrement serait faux.

Ce que nous savons faire est établi ailleurs. Un agent est construit sur mesure et installé chez le client. Les dossiers restent sur ses machines, et seul le texte nécessaire à une tâche est envoyé au modèle IA. Ce que cela donnerait sur une année de préparation reste à construire, en commençant par regarder l’état réel d’un portefeuille.

Un agent coûte à partir de 1 500 € HT par agent, puis 150 € HT par mois de maintenance : voir les tarifs d’un agent sur mesure.


Les missions effectivement livrées et les cas d’usage sont distingués explicitement dans nos cas concrets et ressources par métier.

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